Agriculture et énergies

Aujourd'hui, chacun est conscient de la rareté des ressources énergétiques de la planète. Le problème n'est pas de savoir quand les réserves s'épuiseront, mais de s'activer pour trouver des solutions de substitution. D'autant que la combustion de pétrole, gaz ou charbon libère beaucoup de CO2, principale source du réchauffement climatique.

L'agriculture est doublement concernée : d'une part, elle est consommatrice d'énergie, d'autre part, elle a un rôle à jouer dans la production d'énergie à partir de la biomasse.

Vers une agriculture moins énergivore

L'agriculture française représente environ 5% de l'énergie totale consommée en France. Moins de la moitié de cette consommation correspond à de l'énergie directe, essentiellement sous forme de carburants pour les tracteurs et les moteurs. La plus grosse partie concerne les engrais : production, transport, épandage. La fertilisation est donc le principal levier à actionner pour réduire la consommation énergétique de l'agriculture.

En amont, les fabricants d'engrais améliorent l'efficacité énergétique de leurs usines. Dans les exploitations agricoles, la démarche de fertilisation raisonnée, qui permet d'ajuster les apports d'engrais aux besoins de la culture, a conduit à une diminution des quantités utilisées : entre 1994 et 2007, le volume d'engrais azotés a diminué de 13% en France (source : ministère de l'agriculture) tandis que la production de céréales a augmenté de 18%.

La loi Grenelle 1, votée en 2009, vise un objectif de 30% d'exploitations à faible dépendance énergétique en 2013. Cela implique des changements culturaux et agronomiques (plantation de légumineuses pour diminuer l'apport d'engrais azotés, simplification du travail du sol...) et le développement de la production d'énergie(unités de méthanisation, panneaux solaires...). 

Les agro carburants au coeur de l'actualité

La matière organique d'origine végétale animale (biomasse) peut être valorisée pour produire de l'énergie sous forme de chaleur, d'électricité ou de carburant. La piste la plus exploitée à ce jour est celle des agro carburants qui sont de deux sortes : lediester, élaboré à partir d'huile de colza ou de tournesol puis mélangé au gazole (biodiesel) ; le bioéthanol, issu de la betterave, de la canne à sucre, du blé, du maïs ou de la pomme de terre, mélangé à l'essence.

Selon les objectifs de l'Union européenne, les biocarburants devaient représenter 5,75% de l'essence et du gazole routiers en 2010. La France, pour sa part, a dépassé 6% (source EurObserv'ER). Bien que les agro carburants soient une source d'énergie renouvelable, cette solution est controversée. On lui reproche de concurrencer les cultures alimentaires et de mettre en péril la sécurité alimentaire de certaines populations. D'autres voix contestent leur bilan énergétique global.

En réponse aux polémiques, l'Union européenne a établi en 2009 des exigences de "durabilité" spécifiques pour les agro carburants. Par ailleurs, elle s'est fixée d'atteindre 10% d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique des transports en 2020. D'ici là, le débat devrait s'apaiser avec l'arrivée des biocarburants de 2e génération qui utilisent la plante entière (en particulier des espèces poussant sur des sols impropres aux cultures alimentaires) et des résidus de cultures.

Autres solutions d'origine agricole

La contribution de l'agriculture à la problématique énergétique de la planète ne se limite pas aux agro carburants. Elle propose également des solutions en matière d'isolation : le secteur du bâtiment représentant à lui seul 45% de la consommation énergétique française (source UE), c'est un important gisement d'économies potentielles. 

La plupart des isolants actuels sont constitués de laine de verre (dont la fabrication est consommatrice d'énergie) et de polymères synthétiques issus du pétrole.

Les isolants naturels à base de fibres végétales comme le chanvre, la laine de bois ou la laine de cellulose constituent une alternative intéressante. Par exemple, il faut 10 à 20 fois moins d'énergie pour fabriquer 1 m3 de laine de bois par rapport à 1 m3 de laine de verre. De plus, les isolants naturels sont le plus souvent recyclables. Seul bémol : pour l'instant, ils restent encore plus chers à l'achat. 

L'agriculture a entamé sa révolution énergétique sur deux fronts : réduction de sa propre consommation et développement d'énergies vertes qui entreront dans le "bouquet énergétique" du futur, aux côtés du solaire, de l'hydraulique, de l'oxygène... A quand la ferme à énergie positive ?

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