L'agriculture face aux enjeux de demain

Notre monde est aujourd’hui confronté à des enjeux capitaux : changement climatique, explosion démographique, épuisement des énergies fossiles, vieillissement et santé, inégalités croissantes et déséquilibres socio-économiques, perte de biodiversité...

Tous ces défis sont complexes car ils sont interdépendants, nécessitent l'alliance de nombreux acteurs, s'inscrivent dans le long terme et ne s'accommodent pas de réponses simplistes. Pour compléter le tableau, ajoutons que la science a encore du mal à prévoir l’évolution de certaines crises, sans parler des solutions qui restent pour beaucoup à construire... Une chose est sûre : l’agriculture a un rôle à jouer dans de nombreux domaines.

Le changement climatique

Les dernières décennies se caractérisent par un réchauffement global et rapide du climat et par une intensification des phénomènes météorologiques extrêmes (cyclones, sècheresses, canicules…). La principale cause est l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine (CO2 notamment).

Par nature très dépendante du climat, l'agriculture doit s'adapter et élaborer des stratégies pour affronter ces nouvelles conditions. Par exemple en recourant à d'autres pratiques de culture (ajustement du calendrier de semis ou de fertilisation, irrigation…) ou en adoptant de nouvelles variétés plus adaptées (plus tardives, plus résistantes à la chaleur…). Mais l'agriculture contribue également pour 15 % environ aux émissions de gaz à effet de serre : utilisation des engins agricoles, fabrication des engrais, élevage bovin… Elle fait des efforts pour diminuer son empreinte carbone, par exemple dans le cadre de l’agriculture raisonnée qui tend à se généraliser. Dans certains cas, l’intensification peut permettre d’améliorer le bilan carbone pour une même quantité d’aliment produite.

Les productions végétales constituent par ailleurs un excellent moyen de capter une partie du CO2 atmosphérique puisque les plantes absorbent ce gaz pour se développer. Les forêts, en particulier, se révèlent d’excellents pièges à carbone.

Développement ambivalent : la population
mondiale augmente, les ressources naturelles diminuent et sont limitées.
Comment nourrir une population de 9 milliards
de personnes en 2050 ?

L'explosion démographique

De 6,7 milliards d'êtres humains en 2007, l'humanité devrait passer à 9,2 milliards en 2050 (8,3 milliards dès 2030). Soit une augmentation de près de 50 %, principalement localisée dans les régions les moins développées.

L’agriculture va devoir nourrir cette population en forte hausse. La production brute actuelle (environ 2 800 kilocalories / jour / habitant) est pour le moment considérée comme suffisante pour nourrir la population mondiale. Mais demain, il va falloir soit augmenter la production agricole, soit alléger les régimes alimentaires, notamment en protéines animales. La solution est sans doute une combinaison des deux : si tous les pays devaient adopter le régime alimentaire des pays développés, la production agricole devrait plus que doubler d'ici 2050. Source : Th. Doré, O. Réchauchère et Ph. Schmidely, “Les clés des champs” - 2008

Le système agricole qui permettra d'atteindre ces objectifs en ayant l'impact le plus faible sur l'environnement reste encore à inventer. Pour nourrir la planète, il va falloir combiner les savoirs ancestraux des agriculteurs avec les derniers apports de la technologie.

L'épuisement des énergies fossiles

Certains parlent d'un pic de production du pétrole entre 2010 et 2020, d’autres évoquent un plateau de production entre 2010 et 2028, et les projections pour le gaz sont du même ordre. Dans tous les cas, ces énergies seront en déclin après 2050, or elles couvrent la grande majorité des besoins mondiaux en électricité, transports ou chauffage. L'épuisement des énergies fossiles (charbon compris) est un enjeu préoccupant car nos sociétés y sont très peu préparées. Si l’on ajoute à cela leur effet négatif sur le climat (émission de gaz à effet de serre), il devient urgent de réagir. Au programme : recherche de sources d’énergies de substitution et réduction de la consommation énergétique chaque fois que possible.

Pour le seul secteur des transports, la demande en pétrole devrait augmenter de 1,7 % par an d'ici 2030. Dans ce contexte, les agro carburants constituent une alternative intéressante, surtout lorsqu’ils sont issus de sources végétales qui n’entrent pas en compétition avec les cultures alimentaires. Selon certains prévisionnistes, cette source d’énergie renouvelable pourrait couvrir 7 % des besoins mondiaux en 2030.

Si l’on se place du point de vue des économies d’énergie, l’amélioration de l’isolation des bâtiments peut conduire à des gains considérables : en Europe, le secteur du bâtiment représente à lui seul 45 % de la consommation énergétique totale (source UE). Les isolants actuels, comme la laine de verre et les polymères synthétiques, sont soit coûteux en énergie à fabriquer soit issus du pétrole. À l'avenir, ils pourraient être avantageusement remplacés par des fibres végétales comme le chanvre ou la laine de bois… Là encore, l’agriculture apporte sa contribution. Source : International Energy Agency, World Energy Outlook 2006

Le monde occidental vit dans l’abondance,
aussi au niveau de la nourriture.
Les aliments gras sont une des raisons
principales de l’augmentation du taux
de l’obésité.

Le vieillissement, la nutrition et la santé

La population mondiale explose, mais pas de façon homogène : entre 2005 et 2050, elle sera due pour moitié à l’augmentation du nombre de personnes âgées de 60 ans et plus, alors que les moins de 15 ans diminueront légèrement.- Source ONU - 2006

Le vieillissement sera particulièrement fort dans les pays développés, par ailleurs confrontés à des problèmes croissants de santé liés notamment à la nutrition. L’obésité en est un des symptômes. Selon la FAO, ce problème “doit être affronté sur le même plan que la sous-alimentation, y compris dans les pays en développement qui comptent de plus en plus d'obèses”.

L'agriculture possède en partie la clé du problème : en fournissant à tous une alimentation de qualité, riche en fruits et légumes, combinée à des habitudes de repas équilibrés, elle peut assurer la santé à tous les âges de la vie. À condition qu'elle puisse produire à un prix compétitif les produits transformés de grande consommation.

Le progrès social et les inégalités

Les Objectifs du millénaire pour le développement proposés par l'ONU comprennent de nombreux enjeux relatifs au progrès social et aux inégalités : réduction de l'extrême pauvreté et de la faim, éducation primaire pour tous, égalité des sexes, combat contre le sida, le paludisme et autres maladies… Ces objectifs sont fixés à l’horizon 2050.

Parmi les 10 lauréats des World Business and Development Awards remis en 2008 à des initiatives privées contribuant à réaliser les Objectifs du millénaire pour le développement, 5 avaient trait à l'agriculture : mise en place d'une nouvelle filière de soja au Ghana, développement de la culture de sorgho au Nigéria, amélioration de la production horticole en Gambie, développement de la filière rizicole au Nigéria, mise en place d'une filière de betterave à sucre en Inde… Autant de succès qui montrent qu’une réussite agricole peut être porteuse de développement social et humain.

Mais il arrive aussi que l'agriculture provoque des déséquilibres. C’est par exemple le cas de certaines filières d'agro carburants ou de plantations intensives qui remettent en cause le progrès social ou menacent des cultures vivrières. Ceci alors même que l'agriculture a un rôle clé à jouer partout dans le monde pour développer les territoires et donner à chacun une place dans la société.

La perte de la biodiversité

La biodiversité, c’est le tissu vivant de notre planète, l’ensemble des milieux naturels et des formes de vie. C’est elle qui nous nous apporte nourriture, santé, sources d’énergie… Il est donc vital de la protéger. Or elle s'érode à un rythme inquiétant, victime des pressions de l'Homme sur l'environnement et de l'aménagement souvent inconséquent du territoire.

L'agriculture, qui exploite le milieu naturel à des fins de production, est souvent pointée du doigt. Elle exerce en effet une pression sur la nature lorsqu’elle lutte dans les champs contre les "mauvaises herbes" et les insectes "ravageurs". Mais les choses évoluent et les agriculteurs intègrent de plus en plus la préservation de la biodiversité dans leurs pratiques. C’est par exemple le cas des nouveaux modes de gestion des forêts, qui font la part belle à la diversité biologique et aux cycles naturels, ainsi que de l'agriculture “écologiquement intensive”, qui allie productivité et respect des ressources naturelles.

Comment affronter le réchauffement climatique et sauvegarder un train de vie moderne sans mettre en danger les populations les plus menacées ? Saura-t-on réconcilier l'épuisement des énergies fossiles et l'explosion démographique ? Face à une population vieillissante et mal ou trop nourrie, à un monde à plusieurs vitesses, pourra-t-on offrir à chacun le progrès social et une protection face aux inégalités ? L'équilibre auquel l'Homme aspire pour lui-même et la planète est-il à notre portée ?
La réponse à ces grandes questions exige de prendre rapidement la mesure des enjeux qui leur sont associés pour agir efficacement et sans délai. Chacun doit en prendre conscience, les décideurs les premiers.

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Chiffres clés

Chiffres clés - Enjeux de demain
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