L'agriculture source et garante de notre santé

Au cours des dernières décennies, la diversification des productions agricoles et l’amélioration de la qualité sanitaire des aliments ont contribué à allonger l’espérance de vie.

Dans le même temps, de nouveaux enjeux de santé publique ont émergé comme l’obésité ou les maladies cardiovasculaires, en grande partie liées à l’alimentation. Comment retrouver un meilleur équilibre alimentaire ? Quelle peut être la contribution de l’agriculture à notre santé ? Et les produits phytosanitaires dans tout ça : utiles ? Inoffensifs ?

Une nourriture diversifiée et de qualité

En l’espace d’un siècle, l’espérance de vie des Français a progressé de plus de 40 ans. Une performance due en grande partie à l’amélioration de l’hygiène et de la médecine, mais aussi de l’alimentation. Car les progrès de l’agriculture ont permis de produire des aliments plus diversifiés (sélection végétale), contribuant à un meilleur équilibre nutritionnel. L’intensification des méthodes de culture a également permis d’augmenter les rendements et donc de produire suffisamment pour couvrir les besoins alimentaires du pays, à des niveaux de prix abordables.

Parallèlement, le renforcement des règles sanitaires et des procédures de contrôle a conduit à une alimentation beaucoup plus sûre. Les intoxications alimentaires sont bien moins nombreuses qu’autrefois, même si les crises de ces dernières années (vache folle, listeria…) ont eu un grand retentissement médiatique qui a écorné l’image de l’agriculture.

Avant qu’un produit phytopharmaceutique
soit lancé sur le marché, il est soumis
aux contrôles rigoureux et à des phases
de tests d’une durée d’une dizaine d’années.

Produits phytopharmaceutiques et santé humaine

Pour garantir la sécurité des aliments, en particulier d’origine végétale, d’importants efforts ont été faits en matière de santé des plantes. Les céréales, par exemple, peuvent être naturellement polluées par des substances très toxiques produites par des champignons microscopiques. L’un d’eux, l’ergot du seigle, a provoqué des morts jusqu’au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui, ce type de contamination est placé sous étroite surveillance et traité par des produits phytosanitaires.
Ceux-ci jouent le rôle de médicaments pour éviter que les plantes ne soient porteuses de maladies dangereuses pour l’homme.

Pourtant, les produits phytopharmaceutiques ne sont pas bien perçus par l’opinion publique, et ce bien que leur usage soit très strictement encadré au niveau français et européen : les Autorisations de Mise sur le Marché sont précédées d’une dizaine d’années d’études et de tests approfondis, et les règles d’application sont strictes (dosage, cultures concernées, conditions d’utilisation, etc.). Comme les médicaments, ces produits peuvent présenter des risques pour les espèces vivantes. C’est pourquoi ils doivent être utilisés uniquement lorsque cela s’avère nécessaire, à la dose prescrite et selon les conditions d’emploi précisées sur l’étiquette.

Désordres alimentaires

Si la diversification de notre alimentation et l’amélioration de la qualité sanitaire des aliments a effectivement contribué à l’allongement de notre durée de vie, l’abondance de nourriture a aussi des effets pervers. Les produits issus de l’agriculture subissent une transformation de plus en plus poussée par l’industrie agroalimentaire et leur teneur nutritionnelle évolue (sucres, fibres, matières grasses…). Cette abondance de nourriture toujours plus “sophistiquée” conjuguée à un mode de vie davantage sédentaire conduit à un vrai problème de santé publique : obésité, maladies cardiovasculaires, diabète gras… sont en constante augmentation et frappent surtout les populations défavorisées, y compris dans les pays en développement.

En France, pour lutter contre cette dérive de l’alimentation, l’État a lancé en 2001 le Programme National Santé Nutrition, dont la 3e version démarre en 2011. Dans ce cadre, les industriels agroalimentaires ont pris des engagements sur l’amélioration de la composition nutritionnelle des produits, mais aussi sur les modalités de vente et de consommation (présentation, information, etc.). La filière agricole est en première ligne pour le retour à une alimentation saine, comme l’illustre le slogan “Fruits et légumes : au moins 5 par jour”.

Agriculture et médecine

Au-delà de la nutrition, l’agriculture jouera peut-être demain un rôle en médecine. Les biotechnologies végétales permettent en effet d’envisager la production par les plantes de molécules à usage thérapeutique. Cette nouvelle voie pourrait éviter, dans certains cas, le recours à la synthèse chimique ou à l’extraction de substances issues d’organes humains ou animaux.

Les variétés végétales obtenues par génie génétique (OGM) sont elles aussi soumises à une Autorisation de Mise sur le Marché. Elle est délivrée par les autorités européennes et françaises sous réserve de la preuve que le risque lié à leur utilisation est bien identifié, maîtrisé et acceptable. En France, il n’existe pas actuellement (fin 2010) de culture commerciale d’OGM ; en revanche, des essais sont autorisés.

« L’alimentation est notre première médecine », soulignait Hippocrate en 400 avant JC. Cette maxime est plus que jamais d’actualité à l’heure où les pouvoirs publics de nombreux pays essaient de combattre les méfaits d’une mauvaise alimentation. L’agriculture a un rôle à jouer en proposant des produits diversifiés et de qualité, voire en permettant la production de molécules thérapeutiques.

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